Paul CAZELLES : un homme, un village

Tout le monde, dans le Titteri, connaissait, au moins de nom, le village PAUL CAZELLES que l’on situait, vaguement, quelque part dans le sud, sur les hauts plateaux, sur la route de Laghouat

Paul Cazelles

Qui était Paul Cazelles ? D’où venait sa notoriété pour que son nom soit donné au village d’Aïn Oussera ?

Sa petite fille, Madame Jacqueline FAURE-ASTIER, que nous remercions de nous autoriser à publier cet article, nous livre la clef de l’énigme sur son site d’Internet : http://membres.lycos.fr//faureastier/

Né le 2juillet 1861 à BOGHAR, Paul CAZELLES se marie à Anne PANIS, fille du troisième maire de BOGHAR, le 21 juin1884. De 1885 à 1889 le couple dirige le caravansérail d’Aïn-Ossera tout en pratiquant le commerce des moutons. Puis ils achètent des terres à LETOURNEUX. Paul en devient le maire en 1895,puis est élu, en 1901, conseiller général de la 26° circonscription de BOGHARI qui englobe Aïn-Oussera. Il sera président de la commission départementale du conseil général de 1923 à 1926 . Il consacre, alors, toute son énergie au développement de sa circonscription. Son travail est très apprécié surtout par les personnalités musulmanes de la région qui ont demandé dès le jour de son décès, le 27 novembre 1931 à Alger, que son nom soit donné au village d’Aïn-Oussera. En 1962, après l’indépendance, Paul Cazelles reprit le nom d’Aïn-Oussera.

Pourquoi ce nom ? Habituellement, était donné, aux villages de la colonisation, le nom d’une victoire napoléonienne : Damiette, Lodi….ou le nom d’un personnage célèbre : Vialar, Victor Hugo….

« ….Après une petite marche de cinq à six heures, nous campions vers midi à Aïn –Oussera ; triste bivouac, le plus triste sans contredit de toute la route, au bord d’un marais vaseux, sinistre, dans les sables blanchâtres, hérissés de joncs verts, à l’endroit le plus bas de la plaine… Une compagnie nombreuse de vautours gris et de corbeaux monstrueux occupait la source à notre arrivée : immobiles, le dos voûté, rangés sur deux lignes au bord de l’eau, je les pris de loin pour des gens comme nous, pressés de boire ; il fallut un coup de fusil pour disperser ces fauves et noirs pèlerins. Une source, dans ce pays avare, est toujours accueillie comme un bienfait, même quand cette source brûlante et fétide ressemble au triste marais d’Aïn-Oussera … »

La présence de ces sources au milieu d’une plaine désertique couverte d’alfa, explique la construction en 1853- 1854, par l’armée, d’un camp et d’un caravansérail ( photo)

Cet établissement servait de relais et d’hôtel pour les voyageurs circulant à cheval ou en diligence dans la région en direction du nord ou du sud. Les rouliers qui transportaient des denrées d’Alger à Djelfa et remontaient avec des chargements de sel des gisements de la montagne de sel prés de Djelfa, y faisaient escale. Louis Bertrand, dans son livre « le sang des races » a décrit avec réalisme, les dures conditions de travail de ces charretiers d’origine espagnole.

Madame Jacqueline Faure-Astier signale qu’à la fin du 19° siècle, Auguste BATAIILER, qui faisait le transport d’Alfa, s’installe à Aïn-Oussera, devient le meilleur éleveur de moutons de la région, se lance dans leur négoce. Il utilise même un petit avion pour surveiller ses troupeaux. Il construit une piste sommaire qui se transformera d’abord en un petit aérodrome, utilisé pour le transport des carcasses de moutons traitées dans l’abattoir provenant de la transformation du caravansérail. En 1957, cet aérodrome, dont voici une balise, deviendra un véritable aérodrome, très utilisé par l’armée.

En 1962, après l’indépendance, le village de Paul CAZELLES reprend le nom d’Aïn-Oussera et c’est là que l’Algérie nouvelle commence ses recherches nucléaires. En 1989, l’Argentine livra à Alger un premier réacteur d’une capacité de un mégawatt. En 1993 la Chine en fournit un second de 40 à 60 mégawatt, implanté à Aïn-Oussera. Sous la pression internationale, l’Algérie a dù consentir à une inspection du site de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique.

A l’heure actuelle Aïn-Oussera est un des deux centres de recherches nucléaires de l’Algérie, toujours soupçonnée de vouloir se doter d’armes atomiques. C’est devenu une ville de 80.000 lits.

COUTERON d’après Madame Jacqueline FAURE-ASTIER

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