Jean Richepin

Jean Richepin

Par Jacques Couteron

Récemment, j’ai découvert « La petite revue », qui a obtenu le prix d’honneur des publications périodique à l’exposition universelle de Bruxelles en 1888. Dans le bulletin de 2° semestre 1890, deux pages sont consacrées à Jean Richepin. Voici un résumé de cet article qui complète les connaissances que nous avions déjà sur notre célèbre compatriote.

En 1890, à l’opéra de Paris est joué « Le Mage », musique de Massenet, tiré du roman du même nom écrit par Jean Richepin « ce jeune auteur qui a fait depuis 1870 sa trouée dans la littérature avec une certaine furia francesse »

Charles Simond, auteur de l’article indique:
« On l’envoya de bonne heure à Paris, où il fut élève des lycées Napoléon et Charlemagne. Bon élève, d’intelligence prompte, de sérieuse application, apprenant à peu prés tout ce qu’il voulait. Il était fort en grec, fort en vers latins, fort en thème, fort en tout. Aussi, eut-il tous les dilômes dont on puisse se munir. A l’Ecole Normale Supérieure, où il entra avec un excellent numéro, il était le nourrisson choyé que l’on élevait pour l’Alma mater*. On fondait sur lui les plus brillantes espérances. Il les trompa, en ce sens qu’il renonça au professorat. »
En 1870, il était rédacteur en chef d’une petite feuille bizontine: l’EST. Il participe alors, à la guerre comme franc tireur dans une compagnie de l’armée de Bourbaki.

voir également: www.jeanrichepin.free.fr

En 1871, il collabore à plusieurs journaux, lit des poésies dans les boîtes du cartier latin. Puis tout d’un coup, son nom court dans tous les journaux; on ne parle que de lui quand il publie un livre de vers: la chanson des Gueux. Déféré devant la justice, il est condamné à quinze jours de prison pour outrage aux moeurs, son oeuvre célébrant les mendiants, d’autres personnage louche et abjecte. Ce qui lui vaut une retentissante réclame.
En 1877, il donne dans le macabre en écrivant « Les morts bizarres » dont plusieurs semblent les inventions d’Edgard Poë. Il essait le théâtre avec « la Glu » puis, roi de Bohème, il épanche sa fantaisie naïve et fougueuse dans un drame digne des Mille et une nuits: « Nana Sahib », enfin il monte sur les planches pour déclamer « des vers d’un athéisme carnavalesque et forain ». Ensuite il disparaît. S’est-il retiré chez les trappistes de Staouéli? S’est-il enfoncé dans le Sahara? Il s’est simplement engagé comme matelot sur un bateau de pêche. Il en rapporte plusieurs milliers de rimes sur la mer. Il publie l’histoire de « Miarka », » qu’un caprice de la destinée jette de sa roulante tribu dans la banalité des ville. »
La comédie française a donné de lui deux pièces en vers: « Monsieur Scapin » et « le Flibustier ». Cette dernière a eu beaucoup de succès.
Les jugements sur Jean Richepin sont divers mais tous conviennent que son talent d’écrivain a des traits caractéristiques. C’est un rhétoricien par la virtuosité de langue, par l’aisance avec laquelle il se plie au ton de chaque genre. Dans les romans il a des pages d’une description minutieuse et pointilleuse qui rappellent Dickens; celles de ses tirades rappellent Alexandre Dumas, la sobriété et l’horreur muette de certains de ses dialogues font penser à Prosper Mérimée.
Jules Lemaître écrit: « M. Jean Richepin a, surtout dans ses vers, la sonorité, la plénitude, la couleur franche, le dessin précis, une langue excellente, vraiment classique par la qualité; il est le dernier de nos poètes, qui ait, quand il veut, le souffle, l’ampleur, le grand flot lyrique. Il est le seul qui depuis Lamartine et Victor Hugo, ait composé des odes dignes de ce nom… En même temps il a su écrire de merveilleuses chansons… qui ressemblent à des chansons populaires ».
Alma mater: mot latin signifiant mère nourricière, utilisé par les poètes latins pour désigner la patrie et quelques fois par les écrivains pour désigner l’université.

La Flûte

Poème de Jean Richepin envoyé par Me Gisèle LARRAS

Je n’étais qu’une plante inutile, un roseau
Aussi je végétais, si frêle, qu’un oiseau
En se posant sur moi pouvait briser ma vie.
Maintenant je suis flûte et l’on me porte envie.
C’est un vieux vagabond, voyant que je pleurais,
Un matin en passant m’arracha du marais,
De mon coeur, qu’il vida, fit un tuyau sonore,
Le mis sécher un an, puis, le perçant encore,
Il y fixa la gamme avec huit trous égaux;
Et depuis, quand sa lèvre aux souffles musicaux
Eveille les chansons au creux de mon silence,
Je traissaille, je vibre, et la note s’élance;
Le chapelet des sons va s’égrenant dans l’air;
On dirait le babil d’une source au flot clair;
Et dans ce flot chantant qu’un vague écho répéte
Je sais noyer le coeur de l’homme et de la bête.

Acte de mariage de Jean Richepin

Par hasard, Raymonde COUTERON a trouvé aux archives départementales de Marseille l’acte de mariage de Jean Richepin à Marseille le 17 Juin 1879. Il y est mentionné le divorce d’avec sa première femme le 8 Novembre 1902.

Acte de naissance de Jean Richepin

Aujourd’hui Quatre février 1849 à neuf heures du matin au bureau de l’état major de la place devant nous François Christian Gouin, chef de bataillon commandant la place de Médéa remplissant la fonction d’officier de l’état civil et en présence de sieur Jules Auguste RICHEPIN, chirurgien aide major au 8° régiment d’Infanterie légère en garnison à Médéa, né le trente Août 1816 à Ohis, département de l’Aisne, lequel nous a fait part de la naissance d’un enfant naturel de lui déclarant et de demoiselle Rose Pauline BESCHEPOIX, sans profession, demeurant à Médéa, née le 10 Août 1826 à Crécy Condé, département de l’Eure et Loire auquel enfant a été donné le nom de

Auguste Jules RICHEPIN

Le sieur Richepin déclare être le père de l’enfant, que la naissance a eu lieu aujourd’hui à deux heures du matin, et nous déclarant qu’il produit pour témoins, les sieurs FrançoisChevallier, âgé de 38 ans, maître d’hôtel et Baptiste Faussat, 48 ans, cuisinier tous deux domiciliés à Médéa

Sur quoi, nous remplissant la fonction d’officier de l’état civil ci-dessus dénommé, après avoir en présence des dits témoins, examiné l’enfant nous avons reconnu qu’il est de sexe masculin.

De tout ce que, nous avons dressé le présent acte qui a été signé par nous, le requéreur et les deux témoins.

Signé : Chevalier BFossat CGouin AJRichepin

Parmi les mentions indiquées en marge, on peut lire :Par acte de mariage dressé en la mairie de Belleville, département de la Seine le 27/9/1856, Richepin Jules Auguste et Beschepoix Rose Pauline ont reconnu et légitimé pour leur fils Richepin Auguste Jules.

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