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Médéa

Chef-lieu d'arrondissement, commune de plein exercice depuis 1854, localité située à 91 km au sud d'Alger sur le plateau qui s'étend de l'Atlas blidéen, aux contreforts de l'Ouarsenis : altitude 925 m. Sa population en 1962 était de 22727 habitants dont 2019 européens et 20678 musulmans, parmi lesquels subsistaient des familles d'origine turque.

Médéa existait avant l'époque romaine. Sa dénomination latine conserva le nom de la tribu qui la peuplait: Lemdia.

L'agglomération disparut avec la domination Romaine. Au X° siècle, elle fut relevée par Bologuin. La cité subsistait encore lors de la conquête par les Turcs. Ces derniers en firent la capitale d'un beylik : le beylik du Titteri.

Médéa était alors une cité florissante; un distique du fameux Si Ahmed ben Youcef vantait le bon marché des denrées dont elle regorgeait.

Après la prise d'Alger, en 1830, Médéa fut disputée par divers compétiteurs locaux, dont Abd-el-Kader, le Bey de Constantine Hadj Ahmed, et même le Sultan du Maroc! Les révoltes des tribus des alentours lui firent perdre son importance et elle ne comptait guère plus de 4000 habitants à notre prise de possession définitive en 1840.

Ce fut une petite ville provinciale française, chef-lieu de subdivision, qui s'éleva à la place de la capitale du beylik.

Marquée par la succession de plusieurs civilisations, la ville présentait différents styles : arabe, turc, européen.

La variété et le pittoresque des paysages offraient aux visiteurs des tableaux frappants, pleins de charme et de beauté.

Du rocher Morette (situé à 3 km au nord de Médéa), on dominait toute la pente nord, le couloir de la Chiffa surmonté par le Djebel Nador et le pic de Mouzaïa. Entre ces deux monts, on était frappé par une vue inimaginable mais vraie... la mer !

A proximité du rocher Morette, s'étendait une belle forêt de chênes, avec une suite de vastes clairières

Au nord-ouest de Médéa, à 5 km environ, la forêt de Tibharine dominait le grand domaine des Pères Trappistes et l'oued de Mouzaïa.

Le site de Médéa lui permettait de tenir une place honorable dans l'agriculture nationale. Les principales cultures étaient l'arboriculture, les cultures maraîchères et la vigne.

La culture de la vigne lui assurait un développement progressif. La région de Médéa produisait en effet des vins de montagne qui figuraient parmi les plus côtés d'Algérie. Le vin (vin délimité de qualité supérieure) était traité sur place dans des caves coopératives à Médéa, Lodi, Loverdo, Damiette, Ben Chicao et Nelsonbourg. Sa situation sur la route du sud (ainsi que sur la voie ferrée) alimentait un commerce de transit.

Médéa avait néanmoins gardé son caractère de capitale administrative et de ville de garnison (1° Spahis). Elle possèdait un collège moderne.

Les environs étaient très pittoresques et jouissaient d'un climat particulièrement sain, quoique très froid en hiver.

C'est à Médéa que sont nés le poète Jean Richepin, le compositeur Léo-Louis Barbes, le philosophe Mohammed Ben Cheneb et Edmond Faral administrateur du collège de France.


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